L’amiante est un groupe de minéraux fibreux présent naturellement dans la croûte terrestre. Les industriels et professionnels du bâtiment utilisaient très largement ce matériau tout au long du XXe siècle.
En effet, l’amiante possède des qualités exceptionnelles comme la résistance au feu, mécanique et aux agressions chimiques. Il est également un très bon isolant électrique, acoustique et thermique.
Ces propriétés ont fait de l’amiante un matériau phare. Aujourd’hui encore, on peut le retrouver dans : les murs, les tuiles, les revêtements de sol, les tuyaux, les conduits d’aération, etc.
Malgré sa polyvalence et ses atouts, le Centre International de Recherche sur le Cancer classe l’amiante comme substance cancérogène depuis 1997.
Cependant, c’est seulement depuis 1997, que l’utilisation d’amiante est strictement interdite en France.
Lorsque l’on perce, découpe, ponce, démolit ou lors d’une simple manipulation d’un élément amianté, des fibres se libèrent. Elles sont alors en déplacement dans l’air et leur taille microscopique (400 à 500 fois moins épaisses qu’un cheveu) les rend invisibles à l’œil nu.
Au sein d’un environnement clos, les fibres restent en suspension pendant des heures. Cela provoque un risque d’inhalation pour les travailleurs.
Une mise en contact avec des produits amiantés survient majoritairement lors de chantier sur des bâtiments datant d’avant 1997.
Les métiers du BTP sont évidemment en première ligne : désamianteurs, maçons, plaquistes, électriciens, plombiers ou encore couvreurs sont régulièrement en contact avec des matériaux à risque.
L’exposition concerne également les agents de maintenance, les techniciens d’intervention ou encore les professionnels de l’immobilier.
Des personnes externes aux travaux peuvent être contaminées par simple présence dans un local mal ventilé ou insuffisamment nettoyé.
Un simple trou dans un mur ou le remplacement d’un faux plafond peut suffire à libérer des fibres si aucun repérage n’a été effectué au préalable.

Lorsqu’un individu inhale des fibres d’amiante, celles-ci peuvent provoquer plusieurs maladies graves. Le cancer du poumon et le mésothéliome pleural restent les plus redoutés.
Ce dernier est une un cancer rare et très agressif de la membrane qui entoure les poumons. Il se développe dans le temps après le premier contact. Le seul facteur de risque pour cette maladie en France est l’amiante.
Le dernier bilan Santé publique France en 2019 recense environ 1100 cas de mésothéliomes chaque année en France. L’exposition est principalement d’origine professionnelle. Le délai entre l’exposition et l’apparition des premiers symptômes s’étend souvent sur 40 à 50 ans. Cela qui explique que l’âge moyen au diagnostic est autour de 73 ans.
Le CIRC élargit la liste des pathologies reconnues en 2009 en incluant les cancers du larynx et de l’ovaire. Plus récemment, en 2022, l’Anses confirme scientifiquement ce lien entre exposition à l’amiante et développement de ces cancers.
Les chercheurs estiment que 10 à 15 % des cas de cancer des poumons ont pour cause une exposition professionnelle à l’amiante. Cela représente plusieurs milliers de personnes chaque année, sur un total de près de 40 000 cas recensés en France.
Source : Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
Face à la dangerosité de l’amiante, la réglementation impose des obligations strictes.
Tout d’abord, le repérage amiante avant travaux est obligatoire pour tous les bâtiments construits avant juillet 1997. Ce diagnostic vise à identifier la présence éventuelle de matériaux amiantés avant d’engager un chantier.
L’arrêté du 4 juin 2024 précise les conditions de ce repérage avant travaux dans les immeubles et autres bâtis.
Ensuite, le document technique amiante (DTA) est obligatoire pour les propriétaires d’immeubles recevant du public ou des travailleurs. Il doit être mis à jour et doit recenser les matériaux contenant de l’amiante, leur localisation et leur état de conservation.
La réglementation impose aux entreprises de former leurs salariés en fonction du type de travaux :
Enfin, une surveillance médicale renforcée et un suivi post-professionnel s’imposent aux travailleurs exposés, même s’ils sont plus dans l’entreprise.

La prévention repose avant tout sur l’identification des situations à risque. Aucun chantier dans un bâtiment ancien ne doit démarrer sans un repérage préalable. En cas de doute, mieux vaut faire appel à un diagnostiqueur certifié.
Lorsqu’il y a une présence de matériaux amiantés, plusieurs mesures doivent être mises en place :
La formation joue un rôle central dans cette prévention. Avorisk propose alors plusieurs formations en ligne et certifiantes afin de mettre en œuvre des opérations à risque minimum.
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Lorsqu’une zone de travail contient des fibres d’amiante, la moindre fuite peut entraîner la dispersion de poussières hautement cancérigènes.
Sur un chantier amiante, le bilan aéraulique permet de vérifier que la qualité du confinement répond aux exigences réglementaires. Aussi, il assure que les conditions de renouvellement de l’air sont conformes aux objectifs de sécurité.
Tout d’abord, il vérifie que l’air est renouvelé en quantité suffisante dans la zone de travail. Cela signifie l’extraction et le remplacement de l’air sont efficaces. Sans ce renouvellement, les fibres stagnent et le risque d’inhalation augmente pour les opérateurs présents dans la zone.
Ensuite, il mesure le maintien d’une dépression constante d’au moins 10 Pascals dans la zone confinée. Cette dépression crée un effet d’aspiration vers l’intérieur, évitant que des fibres d’amiante ne s’échappent par les ouvertures ou fuites accidentelles.
Également, le bilan aéraulique permet de garantir que le tunnel de décontamination du personnel présente un renouvellement d’air suffisant. Cela afin d’éviter que les intervenants ne transportent les fibres d’amiante hors de la zone de traitement.
Enfin, il évalue l’efficacité de la barrière dynamique au niveau de l’installation de décontamination du matériel et des déchets. Cette barrière, généralement constituée d’un sas ventilé, empêche les fibres de migrer vers l’extérieur pendant les opérations de sortie du matériel ou d’évacuation des sacs de déchets.
La réponse est oui. L’arrêté du 8 avril 2013, sur les moyens de protection collectifs amiante, impose la réalisation d’un bilan aéraulique dès lors qu’un confinement dynamique est mis en place. On entend par confinement dynamique, la maitrise de la circulation de l’air dans l’espace.
Ce type de confinement devient obligatoire sur les chantiers de niveau 2 ou 3 en termes d’empoussièrement. Cette obligation concerne aussi bien les interventions en sous-section 3 (SS3) qu’en sous-section 4 (SS4).
L’article 11 de l’arrêté du 8 avril 2023 précise le bilan aéraulique doit être prévisionnel et validé par des mesures réelles. Ces dernières sont à réaliser à l’aide d’un anémomètre. Autrement dit, on ne peut pas se contenter de calculs théoriques : il faut vérifier sur le terrain que le confinement fonctionne.

Avant même de monter le chantier, le bilan aéraulique prévisionnel permet de dimensionner correctement les installations de ventilation. Il s’agit d’une note de calcul importante car elle conditionne l’efficacité du confinement.
Elle détermine le nombre et le débit des extracteurs nécessaires, la surface des entrées d’air et les éventuels dispositifs de réglage à prévoir. Il prend en compte de nombreux paramètres : volume de la zone, configuration des locaux, niveau d’empoussièrement prévu, type d’activités réalisées.
Pour réaliser ce bilan aéraulique, l’INRS met à disposition l’outil 111. Cet outil de calcul pour permet de s’assurer que l’on respecte les bonnes pratiques et d’éviter les erreurs de dimensionnement.
« Elaboré par l’INRS, cet outil aide à établir le bilan aéraulique prévisionnel pour un chantier de désamiantage sous confinement, selon la méthode du guide pratique de ventilation ED 6307. »
Une ventilation insuffisante entraîne un empoussièrement accru, tandis qu’une ventilation excessive peut perturber le fonctionnement des installations de décontamination.
La réalisation d’un bilan aéraulique relève de la responsabilité des encadrants de chantier et des encadrants techniques. Ces professionnels doivent suivre une formation spécifique à la prévention du risque amiante, conformément à l’arrêté du 23 février 2012.
Cette formation inclut les bases théoriques du bilan aéraulique, mais aussi des exercices pratiques avec des outils de mesure comme l’anémomètre ou le micromanomètre.
Elle vise à garantir que le professionnel sache concevoir un système efficace et le valider par des mesures objectives. Sans cette compétence, le confinement ne peut être considéré comme conforme.
En revanche, comme toute compétence technique, celle-ci s’entretient. Il devient alors pertinent de suivre une formation complémentaire, notamment lorsqu’un audit interne ou externe met en évidence des lacunes.

Oui, et c’est une excellente nouvelle pour les professionnels du secteur. Avorisk propose une formation spécifiquement consacrée au bilan aéraulique. Elle permet aux encadrants d’approfondir leurs compétences, de mettre à jour leurs connaissances réglementaires et de pratiquer les outils de mesure dans des conditions proches du terrain.
La formation s’adresse exclusivement aux encadrants techniques et de chantier ayant déjà suivi la formation à la prévention du risque amiante. Elle permet de renforcer leur autonomie dans la conception et la validation des systèmes de confinement dynamique.
En renforçant leurs compétences sur le bilan aéraulique, ces professionnels améliorent non seulement la conformité réglementaire de leurs chantiers, mais aussi leur capacité à convaincre lors des audits ou des inspections.
Lors d’un audit, un auditeur peut constater un écart : absence de note de calcul, méconnaissance des paramètres à contrôler, ou incapacité à justifier les choix techniques.
Toutefois, il ne peut pas imposer une formation. Il relève l’écart et c’est ensuite à l’encadrement de proposer une réponse adéquate. Dans la majorité des cas, suivre une formation ciblée sur le bilan aéraulique constitue une solution pertinente. Elle permet de lever rapidement l’écart, de prévenir de futures non-conformités et de renforcer la compétence globale de l’équipe.
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